Même si beaucoup d’idées fausses circulent sur les pommes, c’est un fruit agréable, d’utilisation pratique (elle peut être transportée, ne s’écrase pas, ne coule pas).
Certains disent que la pomme ne fait pas grossir, mais cela n’est pas tout à fait juste : tout peut faire grossir. Même si la pomme est un bon aliment, elle a un faible apport calorique (elle contient 85% d’eau) et apporte des sucres (environ 18 à 20g pour une pomme moyenne) et 85 à 90 Calories. On ne peut donc pas manger des pommes à volonté. Tout va dépendre de la dépense énergétique du consommateur et de son état métabolique (en cas de triglycérides élevés ou de diabète, la consommation de fruits doit être limitée).
On dit aussi que manger des pommes aide à lutter contre le cholestérol : c’est à la fois vrai et faux. La pectine des pommes est sans aucun doute intéressante, tout comme l’augmentation en fibres de la ration pour diminuer l’absorption intestinale du cholestérol. La pomme contient 2 types de fibres : certaines sont insolubles, comme la cellulose et vont stimuler et accélérer le transit intestinal, d’autres, comme la pectine, sont solubles et forment un gel au contact de l’eau, qui emprisonne les graisses et les sucres, et ralentit leur absorption.
Manger 2 ou 3 fruits par jour est excellent pour la santé (minéraux, vitamines, fibres, polyphénols) mais trop de fruits (1 pomme = 4 à 5 morceaux de sucre) peuvent, avec d’autres facteurs, favoriser le surpoids et une augmentation de certains lipides du sang (triglycérides).
Pour celui qui a faim, croquer une pomme entre les repas coupe l’appétit et présente beaucoup d’avantages : cette dernière est ferme, permet de mordre, de croquer, de décharger dans certains cas son agressivité sur l’aliment ! Comme on l’a vu plus haut, une pomme apporte environ 20 g de glucides et permettra de corriger une glycémie basse, c’est un bon coupe-faim qui a le mérite de remplir l’estomac, d’apporter des fibres mais pas de matières grasses (certaines barres chocolatées apportent plus de 10g de lipides !)
Au niveau des micronutriments, la pomme apporte des vitamines du groupe B, idéales pour le bon fonctionnement des cellules, de la vitamine E, C (en petite quantité), des bétacarotènes au fort pouvoir antioxydant et pas mal de minéraux et d’oligoéléments : potassium, phosphore, magnésium, calcium, zinc, cuivre, manganèse. La pomme contient de la quercétine en grande quantité (flavonoïde majeur de certains fruits et végétaux) et des polyphénols. Ces substances, associées aux vitamines, contribuent à protéger l’organisme des radicaux libres qui agressent nos cellules.
Les pommes pourraient aussi être d’une quelconque efficacité pour prévenir, ou encore mieux participer au traitement, de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson. C’est en tout cas ce que laissent penser les résultats d’une étude, publiée en 2004, dont le but était d’évaluer les éventuels effets protecteurs de la quercétine sur les processus neurodégénératifs. Des chercheurs de l’université Cornell aux Etats-Unis (état de New York), avaient pré incubé des cellules avec de la quercétine ou de la vitamine C avant de les traiter à l’eau oxygénée ; les résultats leur avaient montré que la survie des cellules augmentait nettement dans le premier groupe (beaucoup moins dans le second) et, considérant que le stress oxydatif était un élément majeur de fragilisation des membranes cellulaires des neurones, ils avaient poursuivi l’essai. Avec la conclusion finale que la quercétine pourrait bien, de façon très significative, protéger de certaines pathologies neurologiques en rapport avec ce stress oxydatif…
Quelques années plus tard sort une nouvelle étude, encore une fois à l’avantage des pommes même si les organes ciblés ne sont pas les mêmes. Ce travail, mené dans le cadre du vaste projet européen ISAFRUIT destiné à expliquer scientifiquement les bienfaits médicalement reconnus des fruits sur la santé, se devait évidemment de scruter avec la plus grande attention la pomme, un des fruits les plus célèbres. Il est apparu qu’en nourrissant des rats pendant 14 semaines avec de la pectine de pomme que l’administration de 0,33 ou 3,3 % de cette pectine dans le régime des animaux modifiait considérablement les bactéries utiles au bon fonctionnement de l’intestin, en particulier en participant à la production d’acides gras à courtes chaînes régulateurs du pH, et que le butyrate formé est un élément nutritif majeur des cellules intestinales.
Autre étude (brésilienne cette fois) publiée en 2003, montrait que la consommation de 3 pommes par jour permettait une perte de poids significative chez des femmes en surpoids. Tout le monde connaît le dicton anglo-saxon :"an apple a day keeps the doctor away", c’est vrai qu’on a toujours attribué à la pomme de grandes vertus thérapeutiques, et que nos ancêtres l’utilisaient déjà en onguents (pommade vient de pomme). Certaines propriétés de la pomme sont aujourd’hui bien établies, d’autres sont en voie de l’être, toutes ne seront certainement pas confirmées. En attendant d’en savoir plus, mangez des pommes !
NB : on peut répertorier plus d’une centaine de catégories de pommes et l’INRA en a bien plus en « bibliothèque ». 15 à 18 sortes de pommes existent sur les marchés, selon les saisons. Elles ont des saveurs différentes et chacun pourra y trouver son compte. Mes préférées sont les Clochard, Chantecler, Tentation.


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