Elles sont invisibles, inodores,
mais sont partout et touchent toute la population. Elles, ce sont les
ondes électromagnétiques, produites par la plupart de nos équipements
électroniques. Dans nos maisons et appartements, elles proviennent
des téléphones portables, des ampoules basse consommation, des
plaques à induction, des micro-ondes, du Wi-Fi… Et à l’extérieur des
antennes-relais, notamment. Certains diront que nous devons vivre
avec notre temps, savoir profiter des nouvelles technologies. Mais
quelles conséquences ont ces ondes sur notre santé ?
Le débat se poursuit depuis des années,
rebondissant de rapports en recommandations contradictoires des agences de
santé. Dans son dernier rapport d’octobre 2013, l’Agence
nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et
du travail (ANSES) affirme qu’il n’y a pas « d’effet avéré » des
ondes sur la santé… Tout en confirmant l’annonce faite en 2011
par l’OMS, qui les classait pourtant parmi les « cancérogènes
possibles ». La même année, le Conseil de l’Europe recommandait la mise en
place de « zones blanches », dépolluées d’ondes.
Diagnostic : électrosensible
Si les conséquences sanitaires sur
l’ensemble de la population sont toujours discutées, elles se révèlent
invivables pour les allergiques aux ondes. Leur quotidien est marqué par
des migraines, des sensations de brûlures aux extrêmités du corps et
des insomnies récurrentes. Les ondes chamboulent littéralement leur
organisme. Ces allergiques sont défendus depuis plusieurs années par des
associations comme Robin des Toits, Une Terre pour les EHS ou encore
Electrosensibles de France. Victimes collatérales de la pollution
environnementale, les discours des autorités les font bondir. Certains
considèrent que les symptômes sont psychologiques. Pourtant, la Suède et
certains États américains (Colorado, Connecticut, Floride) reconnaissent
que le phénomène est un handicap. En avril dernier en France, un homme
électrosensible a même été indemnisé.
Pour Florence, 52 ans, le diagnostic
a été posé il y a six mois par le Dr Laurent Chevallier, chef de l’unité
Nutrition et consultant en médecine environnementale à la Clinique du
Parc, près de Montpellier : « J’avais des acouphènes et des maux de tête
dès que je m’approchais d’un ordinateur, d’un portable et même des caisses de
supermarchés. Puis ça s’est intensifié, avec des insomnies, des maux de
dos et des douleurs partout dans le corps, comme si tous mes muscles se
contractaient », raconte-t-elle. Ancienne animatrice en maison de retraite et
esthéticienne libérale, Florence ne peut plus travailler. Entourée de
trois voisins qui ont le Wi-Fi, elle cherche à déménager pour fuir cette
pollution environnementale. Pour aller où ? La question reste entière.
Hugo, 15 ans, hypersensible depuis
ses 11 ans, ne vit pas vraiment comme les ados de son âge. Exposé aux
ondes dans la rue, chez lui ou dans une voiture sur l’autoroute, il a des
vertiges et de violentes migraines. Entre autres problèmes. « On l’a
changé de collège parce qu’une antenne-relais se trouvait juste à côté. Mais
pour rester scolarisé dans son nouvel établissement, il aurait fallu que
les élèves de sa classe éteignent leurs portables en cours, ce qui
est impossible. J’ai arrêté de travailler pour m’occuper de lui et il suit des
cours par correspondance », explique Marie, sa mère. Pour cette famille, c’est
un retour en arrière. Plus d’ampoules basse consommation, retour du
téléphone filaire, plus de Wi-Fi et un déménagement. Si Hugo souffre
moins, il ne dort que trois heures par nuit, minimise ses sorties et
voit ses amis chez lui, portables éteints.
Comment s’en protéger chez soi ?
Pierre Le Ruz est directeur du
Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements
électromagnétiques (Criirem) et expert européen en nuisances
électromagnétiques et en radioprotection. Il nous livre ses conseils pour
diminuer l’exposition aux ondes à l’intérieur des maisons et des
appartements.
Dans la chambre
Utilisez un biorupteur. Il coupe le
circuit électrique et le courant magnétique quand aucun appareil ne
fonctionne. Cela vaut pour toute la maison.
Utilisez des ampoules Led pour les lampes
de chevet ou de bureau.
Éloignez votre réveil ou optez pour
un réveil à piles.
Ne chargez pas votre téléphone près
du lit, éloignez-le le plus possible. N’oubliez pas de l’éteindre :
même en mode avion, il continue d’émettre.
Placez le babyphone à 2 mètres
du bébé au minimum, et jamais dans son lit.
Dans le salon
Placez le téléphone fixe dans
l’entrée ou en tout cas le plus loin possible. La base du téléphone émet
en permanence. Préférez le haut-parleur lors de son utilisation.
Lors de l’achat d’un portable,
regardez le débit d’absorption spécifique (DAS ou SAR en anglais),
l’indice indiquant la quantité d’énergie véhiculée par
les radiofréquences. Il doit être entre 0,2 et 0,3 et ne pas
dépasser 0,5. Préférez le kit mains libres ou le haut-parleur.
Téléphonez de préférence près
d’une fenêtre pour moins ressentir les énergies du portable. Et jamais dans une
voiture : il est stipulé dans le livret de la voiture qu’avec les ondes
qui s’interfèrent, cela peut entraîner des dysfonctionnements et
bloquer le levier de vitesse par exemple.
Placez-vous à 1,50 mètre minimum de
votre box Wi-Fi et éteignez-la pendant la nuit. Si vous êtes prête à
vous en séparer, optez pour le câble ou le très haut débit par fibre optique si
c’est possible.
Remplacez les ampoules fluo compactes,
dites « basse consommation », par des Led.
Évitez le chauffage électrique au
sol et les chauffages radiants.
Écoutez la radio quand le son est
clair. Les bruitages entendus sont le signe d’ondes parasites, très élevées.
Dans la cuisine
Changez (dans l’idéal) son
micro-ondes tous les cinq ans, car l’appareil fuit beaucoup et perd de
l’énergie. Gardez toujours une distance d’au moins 1 mètre et débranchez
le four entre chaque utilisation.
Assurez-vous d’être éloignée d’au
moins 1 mètre, voire de 1,50 mètre, des plaques à induction, du frigidaire
et d’une cafetière électrique.


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