Une étude menée aux États-Unis sur près
de 1.500 femmes indique que des perturbateurs endocriniens présents dans des
matières plastiques, des produits cosmétiques et ménagers conduiraient à
avancer l’âge de la ménopause.
La présence dans le sang et l’urine d’une
quinzaine de produits provenant de matières plastiques semble corrélée à la
baisse de l’activité ovarienne et à la précocité de la ménopause. © Scott
Rothstein/shutterstock.com
Des femmes qui présentent des niveaux élevés de substances
chimiques contenues dans des plastiques, produits de beauté et d’entretien sont
ménopausées deux à quatre ans plus tôt que celles présentant des niveaux plus
faibles de ces éléments, selon une étude américaine publiée mercredi 28
janvier. Les chercheurs ont examiné les niveaux dans le sang et dans l’urine de
111 produits chimiques soupçonnés d’interférer avec la production naturelle et
la distribution d’hormones dans l’organisme.
Plusieurs études beaucoup plus limitées avaient déjà mis en lumière
la relation entre des perturbateurs endocriniens et la ménopause. Celle-ci, conduite
entre 1999 et 2008 a été menée sur 1.442 Américaines ménopausées. Elle est la
première d’une telle ampleur à explorer la corrélation entre la ménopause et
chacune de ces 111 substances chimiques. Aucune de ces femmes ne suivait
d’hormonothérapie et n’avait subi une ablation des ovaires. Leur âge moyen
était de 61 ans. L’étude est publiée en ligne dans la revue scientifique
américaine Plos One.
Quelque 15 produits ont été associés de
manière significative à une ménopause précoce et à un déclin de l’activité
ovarienne. Parmi eux, on trouve neuf polychlorobiphényles (PCB), trois
pesticides et deux phtalates : autant de produits utilisés dans les plastiques,
détergents, produits pharmaceutiques, lotions, parfums, maquillage, vernis à
ongles, savons liquide ou encore laques pour cheveux.
« Nos résultats suggèrent que la société devrait s’en inquiéter »,
met en garde le docteur Amber Cooper, professeure adjointe de gynécologie à la
faculté de médecine de l’université Washington à Saint-Louis (Missouri) et principal
co-auteur. Selon les chercheurs, un déclin de l’activité de l’ovaire peut non
seulement affecter la fertilité mais aussi conduire notamment au développement
précoce de maladies cardiovasculaires et d’ostéoporose. Ils citent également
d’autres études qui ont établi une corrélation entre ces substances chimiques
et certains cancers ainsi que des dysfonctionnements du métabolisme et la
puberté précoce chez les filles.
« Il est souvent difficile d’éviter d’être exposé à ces produits
chimiques car ils sont dans le sol, l’eau et l’air », relève le docteur Cooper.
Si la plupart de ces produits sont interdits aux États-Unis, ils sont encore
utilisés ailleurs et ont toujours des effets néfastes sur l’environnement. Elle
recommande de préférer les récipients en verre ou en papier pour réchauffer des
plats au four à micro-ondes plutôt qu’en plastique, et de s’informer sur la
composition des produits cosmétiques et ménagers.



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